Archive

Posts Tagged ‘PQ’

La Première: Pauline Marois et la peur

septembre 4, 2013 1 commentaire
(Source: La Presse)

(Source: La Presse)

N’ayant pas vu le fameux « documentaire » sur les évènements du 4 septembre, vous comprendrez que je vais m’abstenir de commenter sur son contenu, mais quand J’ai lu ça dans le Journal ce matin, j’ai eu un petit pincement.

« J’aurais pu avoir peur. Mais je n’ai jamais eu peur. C’est un sentiment qui m’enlèverait de la spontanéiité »
-Pauline Marois, sur les évènements du 4 septembre 2012

Cette affirmation est d’un ridicule absolu et il est assez facile de le démontrer.

1: « J’aurais pu avoir peur » – La peur est donc un choix? Soit on a peur, ou on n’a pas peur. Si on a peur, on peut choisir d’y succomber, ou de l’utiliser comme outil, mais on ne choisit pas si on a peur ou non en premier lieu.

2: La peur est elle-même un sentiment spontané qui affecte le jugement et donc nous rend plus enclin à prendre une décision sur un coup de tête…donc accentue la spontanéité…

3: Depuis quand est-ce que la spontanéité est une chose positive excepté dans un contexte de survie? Selon le Larousse, « Spontané » est un synonyme de « Irréfléchi ». Le mot a 4 définitions, dont deux qui s’appliquent comme caractéristique, et dans les deux cas, ce n’est pas « positif »:

Se dit d’un comportement qui n’est pas réfléchi, qui est fait sans calcul

OU

Se dit de quelqu’un qui obéit à ses premières impulsions, qui exprime sans détour ce qu’il pense

Avec cette citation, Madame Marois tente de démontrer son courage et sa droiture lors d’une situation de grand stress.

Le problème est que le courage n’est pas l’absence de peur, comme Pauline essaie de nous dire via cette citation, mais plutôt la maîtrise de la peur, comme plusieurs personnages historiques se sont évertués à nous répéter depuis longtemps…

« Courage is resistance to fear, mastery of fear, not absence of fear. »
-Mark Twain

“Courage is not the absence of fear, but rather the judgement that something else is more important than fear.”
-Ambrose Redmoon

« I learned that courage was not the absence of fear, but the triumph over it. The brave man is not he who does not feel afraid, but he who conquers that fear. »
-Nelson Mandela

Publicités

Projet de loi 13: La porte est grande ouverte pour la fraude électorale.

Léo Bureau-Blouin, député péquiste de Laval-des-Rapides

Léo Bureau-Blouin, député péquiste de Laval-des-Rapides

Ahh, le gouvernement du Québec!  Encore une fois, il vient de faire un fou de lui-même avec une loi votée à l’unanimité.

Eh oui, le projet de loi 13, permettant aux étudiants de voter dans leur CEGEP ou leur université, a été adopté sans opposition à l’Assemblée Nationale.

Les médias ont déjà commencé à célébrer ce vote « historique » qui permettra, selon eux, aux jeunes de voter en plus grand nombre.

Permettez-moi d’en douter.

À première vue, cette loi semble inoffensive.  Elle donne même l’impression d’être une bonne idée.  La bonne intention derrière cette loi est simple:  Plusieurs étudiants, particulièrement des régions, se retrouvent avec un dilemme quand vient le temps de voter aux élections durant leur session.  Présentement, si l’étudiant en question vient d’Amos et fait des études universitaires à McGill, il doit retourner à Amos pour aller voter.

Mais bon, vous me connaissez.  J’adhère à la philosophie que « la route vers l’enfer est pavée avec de bonnes intentions »…

Le projet de loi du gouvernement veut donc permettre à cet étudiant de voter à son établissement scolaire, lui évitant de devoir manquer une journée d’étude, ou devoir s’abstenir de voter.

Je dois mentionner, par contre, que nous avons déjà une structure qui permet aux gens ne pouvant se déplacer au scrutin lors du jour du vote…  Le vote par anticipation.

On me dira que s’il vient d’une région éloignée, ça rend la chose difficile, peu importe quand, donc le vote par anticipation pourrait ne pas suffir à la tâche.  Je concède ce point, malgré qu’il soit anecdotique et donc ne possède aucune valeur réelle.

Je n’ai aucun problème avec une loi qui offre aux citoyens n’ayant pas la possibilité de se déplacer à leur comté de voter.

Là ou j’ai un problème, c’est la façon dont on l’implémente.

L’étudiant pourra voter directement dans une urne située dans l’établissement d’enseignement.

Si c’est le cas, comment peut-on avoir la certitude qu’il ne votera pas deux fois?  Au Québec, pour voter, on doit présenter une pièce d’identité avec photo, mais il y a quand même un problème.  La photo peut être endommagée et donc la personne impossible à reconnaître, mais la pièce d’identité demeure valide.  Il serait donc un jeu d’enfant pour un activiste étudiant de voter dans son université et de demander à un proxy d’aller voter en son nom dans le comté ou il réside légalement.

La seule trace de la fraude?  Le nom de l’individu est coché sur la liste électorale du comté et de l’université.  Aucun système informatique n’ira lancer une alerte disant que ce citoyen a déjà voté.

En résumé, le projet de loi 13 sera un des moyens les plus simples pour la horde des  radicaux de tout acabit de manipuler le système et commettre une fraude électorale du genre que l’on n’a jamais vu au Canada.

La solution?  C’est évidemment trop simple pour nos élites gouvernementales:  Tout étudiant vivant hors-comté pour ses études devrait être tenu de demander un bulletin de vote anticipé qu’il devra poster 2 semaines avant le vote, pour assurer qu’il soit reçu avant le scrutin…Comme les gens inscrits à la liste des électeurs hors-Québec…

Projet de Loi 14 – Réaction médiatique prévisible…

février 22, 2013 5 commentaires
Source: The Globe and Mail

Source: The Globe and Mail

Le brouhaha concernant le projet de loi 14 continue!  Après la manifestation de dimanche, plusieurs instances de commerces ayant reçu des plaintes de l’OQLF ont vu le jour.  Nous avons littéralement un nouveau cas à chaque jour depuis mercredi!

Un restaurant italien fait la manchette à l’extérieur du pays à cause que son menu contient des mots italiens.

Un autre doit changer l’enseigne de son restaurant parce qu’il a osé écrire « Ristorante » au lieu de « Restaurant » dessus.

Un troisième à Québec doit également refaire son menu

Dans les médias de Québécor, Gilles Proux et Sophie Durocher ont écrit des éditoriaux pour lapider les manifestants.

M. Proulx a au moins eu le mérite d’être direct.  Les manifestants anti loi 14 sont des attardés mentaux et des paranoïaques  (désolé, le lien est disponible seulement pour les membres « VIP »)

Gilles Proulx n’a jamais mâché ses mots, mais d’y aller de traiter ces manifestants d’attardés mentaux parce qu’ils se sentent menacés par plusieurs des sections de ce projet de loi – dont il ne fait aucune mention, ça fait dur…

M. Proulx, je n’étais pas présent à la manifestation, mais j’aurais bien voulu y être.  J’ai donc trouvé ça assez insultant de me faire traiter d’attardé mental ce matin, simplement parce que je vois constamment des exemples de ségrégation contre les non-francophones.  De plus, vous tentez de diminuer l’importance de cette manif en sous-estimant le nombre de manifestants.  Alors que les médias rapportaient 200 personnes en moyenne, vous dites qu’il y en avait 125.  Votre malhonnêteté intellectuelle invalide votre argument en son ensemble.  De toute façon, dans ce billet que vous avez écrit, aucun argument n’est présenté.  Vous avez profité de votre tribune pour lancer du fiel sur les opposants du projet de loi 14, un point c’est tout.  Considérant votre réputation dans nos médias, ce billet sert plus à miner votre propre crédibilité qu’autre chose.

***

Pour ce qui est de Madame Durocher, elle a pondu un texte qui se voulait assez mesquin.  Le 2/3 du texte semble être neutre, ou même en faveur du mouvement Put Back The Flag et des autres groupes et individus qui manifestaient, mais elle a ensuite terminé son article avec des remarques comme:

On aurait pu s’attendre à ce qu’un nouveau groupe de défense des anglophones arrive avec un discours différent, plus nuancé.

[…]

Le parallèle qu’ils font entre la ségrégation aux États-Unis et la politique d’affirmation du français au Québec est scandaleux.

Scandaleux?  Mme. Durocher, vous n’avez pas compris le véritable sens de l’autocollant « Ici on commerce en français ». Le panneau ne veut pas dire que les francophones peuvent se sentir rassurés de pouvoir être servis en français (ce qui est ridicule. Je n’ai JAMAIS eu de la difficulté à être servi en français), mais plutôt un message pour les non-francophones que: « Ici, on ne te servira pas en anglais »

N’oublions pas que, selon les règles de français, le pronom personnel « on » exclut la personne qui l’utilise – donc cette enseigne n’est pas un message disant que les commis et propriétaires du commerce parlent en français. C’est une exigence envers les clients. On exige qu’ils fassent du commerce en français.

C’est donc effectivement de la ségrégation.  Celui qui affiche cet autocollant près de sa caisse envoie le message qu’il n’accepte pas de commercer avec des non-francophones.

C’est dommage, mais encore une fois, nos médias démontrent qu’ils sont complètement déconnectés de la réalité et préfèrent garder le peuple dans l’ignorance en répétant les mêmes arguments qu’on utilise depuis 1976. Au lieu d’objectivement regarder les dires des groupes qui s’opposent à la loi 101, on les dénigre, on les insulte et on tente de diminuer leur importance pour perpétuer la ségrégation des non-francophones dans leur propre pays.

La Loi 14 ne doit pas passer.  Si votre député est de la CAQ, écrivez-lui pour lui exiger de voter contre ce projet de loi.  S’il est Libéral, écrivez-lui pour lui rappeler de son engagement de ne pas modifier la loi 101 d’aucune façon et de voter contre cette loi xénophobe.

http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/index.html

Diane De Courcy – appel à la modération

février 19, 2013 1 commentaire
La Ministre responsable de laCharte de la langue française, Diane De Courcy

La Ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane De Courcy

Suite à la manifestation contre le projet de loi 14 de dimanche (que j’ai malheureusement manqué), à laquelle environ 200 personnes se sont présentées, la ministre responsable de la « Charte de la langue française », Diane De Courcy, à lancé un appel au calme et à la modération.

Selon le Journal de Montréal, certains des manifestants avaient des pancartes qui faisaient une relation entre son projet de loi et la ségrégation.  Étant un des tout premiers à avoir critiqué ouvertement ce projet de loi, je ne peux qu’être en accord avec ces parallèles.

Voici ce que l’article 2 du « Bill 14 » provoque comme changement à l’article 1 de la Loi 101 (changements en caractères gras – le passage souligné sert à mettre l’emphase):

Le français est la langue officielle du Québec.   Il constitue le fondement de l’identité québécoise et d’une culture distincte,
ouverte sur le monde.

Comme j’ai mentionné dans mon billet précédent sur ce sujet, il n’y a pas beaucoup de moyens d’interpréter un tel article.  Selon Mme. De Courcy, un Québécois, c’est un francopĥone, point final.

Madame De Courcy, si vous voulez faire appel à la modération, vous auriez dû en faire usage vous-même quand vous avez rédigé ce projet de loi.  Si les anglophones et allophones qui vivent et paient des taxes au Québec ne sont pas Québécois, que sont-ils?  C’est vous qui avez lancé la première pierre avec cet article qui est un exemple flagrant de ségrégation.  Êtes-vous du même avis qu’un ancien péquiste de longue date, Pierre Curzi, qui a dit presque ouvertement à Gilles Proux que dans un Québec souverain, on pourrait examiner s’il vaudrait la peine de retirer le droit de vote aux anglophones?

In an interview with Gilles Proulx, a pioneer in shock-talk radio, Proulx called the West Island « Ontario, » and said West Islanders would never accept a PQ proposal for Quebec citizenship before sovereignty.

« We can’t change that with a magic wand, » Curzi said. « If these people want to benefit, as long as we are a province, we can’t do more.

« We can’t take away their right to vote because that is a right we cannot control because we are still a province within the federation. Obviously, the day when the country is there, we will control citizenship, which will have more teeth, if I can dare to say so. »

Je trouve un peu comique de voir une ministre d’un gouvernement fondamentalement xénophobe faire appel à la modération.

***

Ce qui m’irrite encore plus, c’est qu’autant dans les médias que chez les partis d’opposition, personne n’a critiqué l’article 2 de ce projet de loi.  La CAQ s’oppose aux changements du statut bilingues de certaines villes, le PLQ s’oppose en bloc à tout changement à la loi 101, mais n’a pas ouvertement critiqué cet article.

Sauf erreur, personne, à part moi-même, n’a pris le temps de regarder cet article du projet de loi et de dire: « Heille!  C’est grave ce qui est écrit là! »

Pierre Duchesne: Chantage ou clarification de l’idéologie péquiste?

février 6, 2013 2 commentaires

Le ministre de l’éducation supérieure du Québec, Pierre Duchesne (qui, avec sa formation de journaliste, n’a aucunement les compétences requises pour le poste), à l’entrée de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, a répondu de manière assez innatendue à l’ASSÉ, qui lançait un ultimatum au ministre, qui avait retiré la « gratuité » de la table de négociations pour le fameux « sommet » sur l’éducation.

Quand on lui a demandé s’il envisageait la « gratuité » sur le moyen terme, il a répondu:

« Je laisse aux gens qui croient à la gratuité le moyen de pouvoir exprimer leur opinion, mais vous comprenez que quand ils nous disent qu’il faut augmenter les impôts pour les banquiers, changer notre structure de taxes, s’attaquer aux paradis fiscaux… Je veux juste dire aux gens que si on veut s’attaquer aux paradis fiscaux, il va falloir faire l’indépendance. »

Pardon?  Est-ce que j’ai bien lu?  Ce genre de citation ne laisse pas beaucoup de place à l’interprétation.  Ici, je ne vois que deux façons d’interpréter ses propos.

Soit il s’agit du coup de chantage le plus transparent de l’histoire récente, ou l’honorable (ahem!) M. Duchesne nous a montré un aperçu de l’idéologie péquiste qu’on nous réserve un coup l’indépendance atteinte et que le Québec serait un pays.

J’en connais plusieurs qui disent, sans trop de sérieux, qu’un Québec souverain deviendrait une forme de Cuba 2.0.  Pendant longtemps j’ai affirmé que c’était faux.  Le parti était peut-être de centre-gauche, ce n’était pas des marxistes révolutionnaires qui le dirigeait.  Aujourd’hui, par contre, on a le droit de se demander si les radicaux n’ont pas totalement pris le contrôle du parti, autant chez les élus que dans l’exécutif.

Je suis donc troublé par cette affirmation de M. Duchesne.  S’il fait usage de chantage, ça en dit beaucoup sur sa compétence comme ministre.  Selon mon interprétation, cette citation se traduit à « Vous voulez votre utopie?  Eh bien votez pour la nôtre ».  Assez dégueulasse comme attitude.  Oui, c’est commun de voir que des comtés qui votent pour le parti au pouvoir se retrouvent avec plus de contrats, mais c’est différent que d’ouvertement dire à un lobby de voter « du bon bord » pour avoir ce qu’ils veulent.  À ma connaissance, ces tactiques dignes du gouvernement de Duplessis étaient disparues avec l’Union Nationale…  Il faut croire que le PQ cherche à ressusciter cette vieille méthode populiste pour conserver le pouvoir.

Par contre, imaginez pour un instant que ce n’était pas du chantage et que le PQ a réellement un agenda de Gauche radicale qu’ils n’osent pas révéler au grand jour, de peur d’être relégué au statut de tiers parti comme Québec Solidaire?  Cette remarque de M. Duchesne prend tout un autre sens…  Cela voudrait donc dire qu’ils aimeraient bien implémenter un agenda « Séparatosocialiste » et donc n’attendent que de défaire les liens avec Ottawa pour l’implémenter.

Chose certaine, le PQ d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec le PQ de René Lévesque…Un peu normal, considérant que Pauline Marois faisait partie de ceux qui ont poussé le fondateur du Parti Québécois hors de son propre parti…

…Évidemment, aujourd’hui, cette même Pauline Marois utilise l’héritage de RL pour financer son parti, tel qu’on a pu voir lors de la campagne publicitaire de novembre 2012 sur Youtube…

Analyse du projet de loi 14: 1ère partie.

décembre 6, 2012 4 commentaires

charte-frInitialement, je voulais écrire sur les nominations d’André Boisclair, mais en commençant mon texte, j’ai remarqué que la ministre Diane De Courcy avait déposé son projet de loi pour modifier la Charte de la langue française, communément appelée « Loi 101 ».

Étant de ceux qui s’opposent à la Loi 101, que je considère anticonstitutionnelle dû à la discrimination systématique envers les anglophones qu’elle profère, j’ai donc décidé de laisser tout tomber et d’analyser le contenu de ce projet de loi.

Au lieu de simplement parler des articles que nos médias mentionnent, tel les changements concernant les exemptions selon le nombre d’employés, j’ai décidé de lire le document, article par article, pour en connaître le contenu.  Quand nos médias disent que le PQ a mis la pédale douce, c’est soit parce qu’ils n’ont pas lu le document ou parce qu’ils militent activement pour que ces réformes soient acceptées par les électeurs.

Avant toute chose, cliquez sur ce lien pour obtenir le document déposé par Mme. De Courcy

Je vous conseille également de cliquer ici pour comparer les changements et additions avec celui de la Loi 101, que ce projet de loi veut modifier.

Je n’ai pas eu à me rendre bien loin avant de trouver la première instance de discrimination.

L’article 2 du projet de loi 14 fait un ajout à l’article 1 de la Loi 101.

Voici l’article 1 de la loi 101:

1. Le français est la langue officielle du Québec.

Je n’ai absolument rien contre cet article en tant que tel.  Il est clair, précis et informe tout le monde que la langue officielle de la province, c’est le français.

Voici le contenu de l’article 2 de ce projet de loi:

2. L’article 1 de cette Charte est modifié par l’addition, à la fin, de l’alinéa
suivant :
« Il constitue le fondement de l’identité québécoise et d’une culture distincte,
ouverte sur le monde. ».

Donc cette modification offre le résultat suivant:

1. Le français est la langue officielle du Québec.   Il constitue le fondement de l’identité québécoise et d’une culture distincte,
ouverte sur le monde.

Sous cette nouvelle formule, non seulement le français est-il la langue officielle, mais elle « constitue le fondement de l’identité québécoise »  La seule interprétation que je peux faire ici est de me dire que quelqu’un qui vit au Québec mais qui ne parle pas français n’est pas un québécois.  Je ne vois pas comment on peut interpréter d’une autre façon.  Si le fondement de l’identité québécoise est la langue française, ça ne laisse pas beaucoup de place pour les anglophones et les immigrants qui arrivent ici sans connaître la langue officielle du Québec.

Les séparatistes font souvent usage du terme « Nous » pour parler des Québécois.  Ce « Nous », selon eux, est inclusif, mais le simple fait d’utiliser le terme « Nous » fait la démonstration d’une dichotomie.  S’il y a un « Nous », c’est qu’il y a un « Eux ».  Cette modification de l’article 1 dit donc clairement que « Nous », ce sont les francophones et « Eux », ce sont les autres.  On est loin de l’affirmation de René Lévesque qu’un Québécois, c’est quelqu’un qui vit et paie ses impôts au Québec…

Plusieurs des articles de ce projet de loi ont peu d’impact.  On y spécifie le rôle du ministre (en prenant soin d’ajouter une clause indiquant que tout mandat provenant du gouvernement s’y ajoute.  Évidemment, qui dit modification d’une loi si importante dit augmentation de la taille de l’État, donc quand j’ai lu cet ajout, je n’étais aucunement surpris:

« 1.4. Le gouvernement nomme, conformément à la Loi sur la fonction
publique (chapitre F-3.1.1), un sous-ministre associé responsable de l’application
de la politique linguistique. Celui-ci exerce toute fonction que lui confie le
gouvernement ou le ministre.

Évidemment, pour aider la ministre à effectuer les tâches qu’elle s’est assignée elle-même en modifiant la loi qui gère son propre ministère, elle aura besoin de nommer un sous-ministre associé.

En passant, trouvez-vous ça intéressant de voir que la ministre peut tout redéfinir son rôle et ses tâches elle-même?  Essayez de faire ça au travail:  Allez voir votre patron et dites-lui que vous avez décidé de revoir votre rôle et vos responsabilités au sein de l’entreprise et annoncez-lui qu’un simple vote d’une majorité absolue des employés suffirait pour l’appliquer et qu’il n’a aucun pouvoir décisionnel dans cette réforme.

Vous m’en donnerez des nouvelles!

Le document reste relativement bénin jusqu’à l’article 19 du projet de Mme. De Courcy, qui réécrit les articles 41 à 50 de la Loi 101.

Selon la Loi 101, l’article 41 dit:

41. L’employeur rédige dans la langue officielle les communications qu’il adresse à son personnel. Il rédige et publie en français les offres d’emploi ou de promotion.

Voici la modification de cet article par le projet de Loi 14:

« 41. En vue d’assurer le respect du droit du travailleur prévu à l’article 4,
l’employeur :
1° utilise le français dans les communications écrites qu’il adresse à son
personnel;
2° publie en français les offres d’emploi ou de promotion;
12
3° rend disponibles en français ses formulaires de demande d’emploi;
4° signe en français les contrats de travail, à moins qu’ils ne soient rédigés
dans une autre langue à la volonté expresse des parties;
5° rend disponibles en français le règlement intérieur et tout document
énonçant les droits et obligations du travailleur, ainsi que les instructions
obligatoires pour l’exécution de son travail, notamment en matière d’hygiène
ou de sécurité.

Donc on ajoute 3 dispositions à l’article en question.  Initialement, on obligeait les employeurs de publier leurs communications officielles en français ainsi que les offres d’emploi.  Les ajouts que cette modification offre sont carrément inutiles.

Pourquoi une obligation d’offrir un formulaire de demande d’emploi en français?  C’est un peu stupide d’imaginer qu’une compagnie qui affiche un poste en français n’offrirait qu’un formulaire unilingue anglais!  C’est une question de gros bon sens.  J’essaie également de comprendre comment quelqu’un peut signer dans une langue ou une autre.  Est-ce que cet article m’obligerait à inscrire les accents aigus sur les « e » de mon prénom quand je signe un contrat de travail?  Finalement, le 5e alinéa est complètement redondant.  Si les communications officielles doivent être en français, ça inclut : « le règlement intérieur et tout document énonçant les droits et obligations du travailleur, ainsi que les instructions obligatoires pour l’exécution de son travail, notamment en matière d’hygiène ou de sécurité. »  Donc pourquoi le mentionner spécifiquement?

Je continuerai de décortiquer ce projet de loi dans mon prochain billet!

Budget 2013-2014 – Le commentaire

C’est la nouvelle du jour: le premier (et peut-être dernier) « budget Marceau » a été déposé hier après-midi et va passer, malgré que les deux principaux partis d’opposition s’y…opposent.

Quelques minutes après le dépôt du budget, j’ai annoncé que le PLQ allait « faire un Stéphane Dion de lui-même » en votant contre mais en s’assurant qu’il n’y ait pas assez de députés présents en chambre pour défaire le gouvernement.  Les députés libéraux, étant les pantins du chef du parti et étant amputés de la colonne vertébrale, n’auront évidemment pas le courage de se présenter en chambre pour faire ce pour quoi ils ont été élus, c’est à dire représenter les électeurs et voter sur les diverses lois présentées par le gouvernement.

Pour ce qui est de la CAQ, j’avais prédit qu’ils voteraient contre, étant donné les conditions qu’ils ont mis sur la table, qui incluait l’absence de toute hausse de taxes.

Donc le gouvernement Marois va survivre à cet atroce budget qui augmente encore les dépenses de l’État et qui amènera le Québec toujours plus près du gouffre financier.

Ce qui m’a le plus irrité lors de la présentation de ce budget, par contre, était que le ministre Marceau semble avoir tout fait pour blâmer l’administration précédente.  Je dois écouter le discours à nouveau car j’en ai manqué des bouts, mais malgré que j’aie manqué une bonne partie du dernier tiers du discours, j’ai compté 9 instances ou le ministre a clairement placé le blâme sur le gouvernement précédent.  Au lieu d’offrir des solutions, les annonces du ministre étaient souvent présentées avec une diatribe détaillant l’incompétence de l’administration précédente.  Le « trou » de 1.6 milliards a été cité à plus d’une reprise et le ministre semblait plus intéressé de pointer le doigt vers l’ancien gouvernement Charest que d’offrir ses propres idées et solutions pour régler les problèmes fiscaux du Québec.

Sur ce sujet, le ministre n’apporte rien de nouveau.  Plus de taxes, plus de dépenses de programmes, plus d’investissements dans des ministères qui mériteraient d’être abolis étant donné leur inutilité chronique…

J’ai quand même vu un ou deux bons points…j’en parlerai un peu plus tard.  L’analyse du contenu du budget (accompagnée par des commentaires personnels à chaque point) suivra bientôt et formera le contenu de mon prochain billet, qui sera publié ce soir ou demain.

%d blogueurs aiment cette page :