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La commission Charbonneau: Encore du pain et des jeux?

tumblr_lso72nDpXH1qlxh5uo1_1280**Ce texte a initialement paru dans le Prince Arthur Herald le 10 juin 2013**

Le 30 septembre 2011, le Prince Arthur a publié un de mes textes (1) portant sur la possibilité d’une commission d’enquête sur la collusion en construction.  Si on se souvient, à cette époque, il était évident que la commission aurait eventuellement lieu, mais nous ne savions rien sur le déroulement de cette potentielle commission d’enquête publique.  La juge Charbonneau n’avait pas encore été nommée et les limites du mandat imposé étaient inconnues.

Dans ce texte, je mentionnais que j’étais déchiré.  Mon côté émotionnel voulait la commission, mais mon côté rationnel me disait que c’était probablement une perte de temps.  À ce moment, j’ai voulu faire une prédiction, qui s’est avérée totalement fausse: « Penser que l’on va voir les gens impliqués défiler un à un, admettre leurs fautes et demander la clémence du président de la commission relève de la fantaisie[…] ».

Il faut se souvenir qu’à cette époque, on parlait de ne pas donner l’immunité aux gens qui témoigneraient.  Évidemment, peu de temps après, on a réalisé que personne ne parlerait sans immunité, donc on l’a accordé aux gens convoqués par la commission.  Nous avons donc vu plein de gens vider leur sac parce que ce qu’ils disent ne peut être utilisé contre eux dans un procès au criminel.

Outre cette prédiction, je dois dire que je suis encore et toujours du même avis.  Selon moi, la Commission Charbonneau ne sert qu’à divertir la population en leur offrant une série télé qui passe en continu sur les réseaux de nouvelles et qui ne fait que confirmer ce que plusieurs savaient déjà depuis longtemps:  Le Québec est corrompu jusqu’à la moelle.

Est-ce que la commission va changer les façons de faire?  J’en doute.  La corruption ne peut pas être enrayée si facilement, surtout si l’on considère que la structure gouvernementale du Québec –  remplie d’échappatoires et de programmes de subventions –  est un terreau très fertile pour toute personne mal intentionnée qui cherche à manipuler le système.  Le problème n’est pas que le crime organisé ait manipulé l’État, mais c’est plutôt sa bureaucratie byzantine  qui permet aux fraudeurs de demeurer dans l’ombre pendant des années.  Ceux qui se sont fait prendre l’ont été en partie  parce qu’ils sont devenus trop audacieux et que les dépassements de coûts des projets faisait lever les soupçons.  On a beau avoir attrappé plusieurs, c’est comme exterminer des coquerelles –  on pense s’en être débarrassé et quelques semaines plus tard, elles émergent de leur cachette.  L’exterminateur a beau revenir à multiples reprises, tant que l’on ne règle pas le problème à la source, elles reviendront toujours.

La commission fait donc un excellent travail pour identifier ces « coquerelles », mais que fait-elle pour les éliminer?  Le rapport qui en ressortira va-t’il simplement châtier les coupables et demander qu’on les empêche d’avoir des contrats avec le gouvernement pour une période définie, ou va-t’il se pencher sur les failles inhérentes de notre bureaucratie?

Si l’on se penche sur le mandat de la commission Charbonneau(2), on voit clairement que l’on préfère pointer le doigt.  En particulier vers le secteur privé.  On blâme des firmes d’ingénieurs et les élus municipaux qu’ils ont corrompu.  Nous savons maintenant comment le système a été implanté.  Le rapport recommandera probablement de changer la façon dont on attribue les contrats, mais est-ce que ça va vraiment empêcher les fraudeurs d’exploiter la bureaucratie?  Encore une fois, j’en doute.  On aura quelques années plus « tranquilles », mais éventuellement, les fraudeurs vont sortir de leur cachette, comme les coquerelles ayant survécu à l’attaque de l’exterminateur, et le bal recommencera à nouveau.

Notez également que nulle part dans le mandat de la commission est-il mentionné que l’on offrira des suggestions pour contrer l’infiltration par le crime organisé de ministères.  Même si on a vu des représentants syndicaux à la commission, son mandat ne les mentionne aucunement.  On y parle seulement « d’établir des mesures permettant d’identifier, d’enrayer et de prévenir la collusion et la corruption dans l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction ainsi que l’infiltration de celle-ci par le crime organisé. »

Je me demande pourquoi la commission doit examiner l’industrie de la construction, mais pas la gestion des contrats publics du côté des différents ministères impliqués?   Si l’industrie est infiltrée par le crime organisé, il est normal de présumer que les différents ministères le sont également.  Les fonctionnaires ne sont pas élus et ne sont pas vraiment affectés par les changements de gouvernements.  Il est donc juste de supposer que plusieurs ont dû être approchés par le crime organisé, et la loi des probabilités entrant en jeu, il est aussi juste de supposer que quelques uns ont dû accepter les offres qu’ils ont reçu.

Pourtant, le premier article du mandat de la commission stipule qu’il doit: « dresser un portrait de [stratagèmes] qui impliqueraient de possibles activités de collusion et de corruption dans l’octroi et la gestion de contrats publics dans l’industrie de la construction incluant, notamment, les organismes et les entreprises du gouvernement et les municipalités, incluant des liens possibles avec le financement des partis politiques ».

Donc la commission ne touche pas aux liens possibles entre le crime organisé et l’État.  Selon son propre mandat, elle n’offrira pas de pistes de solution pour régler les stratagèmes en place au sein de l’État malgré qu’elle ait le mandat de les identifier.

Je dois donc en conclure que le véritable but de cette commission n’est pas de nettoyer l’État de sa corruption, mais plutôt de la balayer sous le tapis pendant quelques années, en attendant que la population oublie ces scandales, tout en offrant quelques boucs émissaires en pâture pendant que le peuple regarde le spectacle et jubile.

Bref, du pain et des jeux…

(1)http://fr.princearthurherald.com/news/detail/commissions-d-enqu-te-du-pain-et-des-jeux-/?language_id=3

(2)https://www.ceic.gouv.qc.ca/la-commission/mandat.html

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Droits ou services?

Prenez quelques instants pour lire ce qui est inscrit sur cette image.  J’aimerais en commenter le contenu:

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Voici quelques présomptions avec lesquelles nous sommes nés:

Le « droit » à l’éducation
Le « droit » à la santé
Le « droit » à un régime de retraite fourni par l’État
Le « droit » à un congé payé par l’État quand on a un enfant

Personne n’a « droit » à ces choses. Tout le monde devrait être RESPONSABLE de se fournir de tels services.

Un bien ou un service n’est pas un « droit », c’est un bien ou un service.

Dans une société libre, les gens doivent également assumer les responsabilités qui viennent avec leur liberté.

Présentement, je n’ai pas le droit de me « désabonner » de la taxe scolaire et de payer pour 100% de l’éducation de mes enfants. Même l’école privée est subventionnée. Pire encore, l’école privée est tenue de présenter un programme préapprouvé par le MEQ.

Présentement, je n’ai pas le droit de me « désabonner » à la RAMQ et de me payer une assurance-santé pour moi et ma famille. Je peux me procurer de l’assurance pour quelque chose que la RAMQ ne couvre pas, mais si elle le paie, l’État me FORCE de passer par eux.

Présentement, je n’ai pas le droit de me « désabonner » du RRQ et de prendre cet argent pour le cotiser moi-même dans un régime de retraite de mon choix. Je peux effectivement cotiser dans mon propre régime, mais je suis tenu de cotiser dans la caisse du RRQ, laquelle sera à sec quand mon tour viendra.

Présentement, je n’ai pas le droit de me « désabonner » du RQAP, dont la caisse est déficitaire depuis sa création. Si des parents décident d’avoir un enfant, le contribuable ne devrait pas avoir à payer pour leur « congé parental ». Avoir un enfant est une décision de couple et les conséquences, monétaires ou autres, devraient êtres celles des parents et personne d’autre.

La Liberté, c’est difficile. Ça requiert de l’effort et d’être responsable de ses actions…TOUTES ses actions.

Il est donc normal que certains – même plusieurs, défendent bec et ongles l’État, qui leur permet de vivre sans avoir à penser trop par eux-mêmes, de la même façon dont l’esclavagiste d’antan s’occupait de ses esclaves…

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