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Mario Beaulieu: Parfaite démonstration que le Bloc n’a plus sa place.

octobre 23, 2014 1 commentaire

Alors que le Canada tout entier suivait les évènements à Ottawa, Mario Beaulieu, chef du Bloc Québécois, semblait croire que c’était le moment opportun pour faire de la récupération politique sur le registre des armes à feu.  En début de soirée, il publie le tweet suivant:

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Le corps du Caporal Nathan Cirillo n’était même pas encore froid et le chef du Bloc croyait bon de re-poster un communiqué de presse datant du début du mois?  Heureusement, je ne suis pas le seul à être outré de tels propos.  Peu importe nos opinions sur un registre des armes, le temps était très mal choisi pour faire une telle annonce…

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Même chez des séparatistes assez prolifiques sur Twitter, ça ne trouvait pas ça drôle.  J’ai regardé les autres tweets de Mario Beaulieu cette semaine et il n’a même pas commenté l’attentat de St-Jean-sur-Richelieu:

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Évidemment, il y en a qui semblent croire que c’était le moment parfait pour faire de la politique de bas étage…tout en manquant de cohérence:

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Si Mario Beaulieu gère lui-même son compte twitter, on peut voir qu’il est totalement inapte à diriger quoi que ce soit en temps de crise, encore moins un parti politique.  Si c’est quelqu’un d’autre, peut-on sacrer cet activiste sans-coeur dehors et le remplacer par quelqu’un qui a le bon sens de ne pas faire de politique pendant une crise nationale?

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La commission Charbonneau: Encore du pain et des jeux?

tumblr_lso72nDpXH1qlxh5uo1_1280**Ce texte a initialement paru dans le Prince Arthur Herald le 10 juin 2013**

Le 30 septembre 2011, le Prince Arthur a publié un de mes textes (1) portant sur la possibilité d’une commission d’enquête sur la collusion en construction.  Si on se souvient, à cette époque, il était évident que la commission aurait eventuellement lieu, mais nous ne savions rien sur le déroulement de cette potentielle commission d’enquête publique.  La juge Charbonneau n’avait pas encore été nommée et les limites du mandat imposé étaient inconnues.

Dans ce texte, je mentionnais que j’étais déchiré.  Mon côté émotionnel voulait la commission, mais mon côté rationnel me disait que c’était probablement une perte de temps.  À ce moment, j’ai voulu faire une prédiction, qui s’est avérée totalement fausse: « Penser que l’on va voir les gens impliqués défiler un à un, admettre leurs fautes et demander la clémence du président de la commission relève de la fantaisie[…] ».

Il faut se souvenir qu’à cette époque, on parlait de ne pas donner l’immunité aux gens qui témoigneraient.  Évidemment, peu de temps après, on a réalisé que personne ne parlerait sans immunité, donc on l’a accordé aux gens convoqués par la commission.  Nous avons donc vu plein de gens vider leur sac parce que ce qu’ils disent ne peut être utilisé contre eux dans un procès au criminel.

Outre cette prédiction, je dois dire que je suis encore et toujours du même avis.  Selon moi, la Commission Charbonneau ne sert qu’à divertir la population en leur offrant une série télé qui passe en continu sur les réseaux de nouvelles et qui ne fait que confirmer ce que plusieurs savaient déjà depuis longtemps:  Le Québec est corrompu jusqu’à la moelle.

Est-ce que la commission va changer les façons de faire?  J’en doute.  La corruption ne peut pas être enrayée si facilement, surtout si l’on considère que la structure gouvernementale du Québec –  remplie d’échappatoires et de programmes de subventions –  est un terreau très fertile pour toute personne mal intentionnée qui cherche à manipuler le système.  Le problème n’est pas que le crime organisé ait manipulé l’État, mais c’est plutôt sa bureaucratie byzantine  qui permet aux fraudeurs de demeurer dans l’ombre pendant des années.  Ceux qui se sont fait prendre l’ont été en partie  parce qu’ils sont devenus trop audacieux et que les dépassements de coûts des projets faisait lever les soupçons.  On a beau avoir attrappé plusieurs, c’est comme exterminer des coquerelles –  on pense s’en être débarrassé et quelques semaines plus tard, elles émergent de leur cachette.  L’exterminateur a beau revenir à multiples reprises, tant que l’on ne règle pas le problème à la source, elles reviendront toujours.

La commission fait donc un excellent travail pour identifier ces « coquerelles », mais que fait-elle pour les éliminer?  Le rapport qui en ressortira va-t’il simplement châtier les coupables et demander qu’on les empêche d’avoir des contrats avec le gouvernement pour une période définie, ou va-t’il se pencher sur les failles inhérentes de notre bureaucratie?

Si l’on se penche sur le mandat de la commission Charbonneau(2), on voit clairement que l’on préfère pointer le doigt.  En particulier vers le secteur privé.  On blâme des firmes d’ingénieurs et les élus municipaux qu’ils ont corrompu.  Nous savons maintenant comment le système a été implanté.  Le rapport recommandera probablement de changer la façon dont on attribue les contrats, mais est-ce que ça va vraiment empêcher les fraudeurs d’exploiter la bureaucratie?  Encore une fois, j’en doute.  On aura quelques années plus « tranquilles », mais éventuellement, les fraudeurs vont sortir de leur cachette, comme les coquerelles ayant survécu à l’attaque de l’exterminateur, et le bal recommencera à nouveau.

Notez également que nulle part dans le mandat de la commission est-il mentionné que l’on offrira des suggestions pour contrer l’infiltration par le crime organisé de ministères.  Même si on a vu des représentants syndicaux à la commission, son mandat ne les mentionne aucunement.  On y parle seulement « d’établir des mesures permettant d’identifier, d’enrayer et de prévenir la collusion et la corruption dans l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction ainsi que l’infiltration de celle-ci par le crime organisé. »

Je me demande pourquoi la commission doit examiner l’industrie de la construction, mais pas la gestion des contrats publics du côté des différents ministères impliqués?   Si l’industrie est infiltrée par le crime organisé, il est normal de présumer que les différents ministères le sont également.  Les fonctionnaires ne sont pas élus et ne sont pas vraiment affectés par les changements de gouvernements.  Il est donc juste de supposer que plusieurs ont dû être approchés par le crime organisé, et la loi des probabilités entrant en jeu, il est aussi juste de supposer que quelques uns ont dû accepter les offres qu’ils ont reçu.

Pourtant, le premier article du mandat de la commission stipule qu’il doit: « dresser un portrait de [stratagèmes] qui impliqueraient de possibles activités de collusion et de corruption dans l’octroi et la gestion de contrats publics dans l’industrie de la construction incluant, notamment, les organismes et les entreprises du gouvernement et les municipalités, incluant des liens possibles avec le financement des partis politiques ».

Donc la commission ne touche pas aux liens possibles entre le crime organisé et l’État.  Selon son propre mandat, elle n’offrira pas de pistes de solution pour régler les stratagèmes en place au sein de l’État malgré qu’elle ait le mandat de les identifier.

Je dois donc en conclure que le véritable but de cette commission n’est pas de nettoyer l’État de sa corruption, mais plutôt de la balayer sous le tapis pendant quelques années, en attendant que la population oublie ces scandales, tout en offrant quelques boucs émissaires en pâture pendant que le peuple regarde le spectacle et jubile.

Bref, du pain et des jeux…

(1)http://fr.princearthurherald.com/news/detail/commissions-d-enqu-te-du-pain-et-des-jeux-/?language_id=3

(2)https://www.ceic.gouv.qc.ca/la-commission/mandat.html

Équiterre: Où va votre dollar?

août 20, 2013 4 commentaires

eoliennesLe domaine éolien fait jaser depuis quelques semaines.  Le Parti Conservateur du Québec a organisé une pétition pour exhorter la Première Ministre de ne pas continuer d’investir dans ce gouffre financier.  Les médias couvrent les augmentations de tarif qu’Hydro Québec a demandé à la Régie de l’Énergie.  Avec tous les arguments contre l’éolien qui circulent, Steven Guilbeault, cet ancien gourou de Greenpeace qui est parti pour fonder son propre OSBL, Équiterre, a décidé de répliquer.

Honnêtement, je commence à être sérieusement irrité par cet homme, qui n’a aucune qualification dans le domaine environnemental et qui a clairement fondé son organisation dans le but précis de faire du lobbying vert et de profiter des largesses de l’État pour ce qui est des subventions.

Je me suis donc intéressé aux états financiers de l’entreprise. Pour ce qui est des dépenses, il semble que cette organisation ne soit pas un modèle d’efficacité…et préfère payer son personnel et son administration que de faire de l’activisme…
Selon son rapport annuel de 2012:

Dépenses:

Ressources humaines 1 892 232$
Activités 1 124 358$
Administration 576 719$
Frais financiers sur la marge de crédit
relative au prêt-miroir 122 082$
Total: 3 715 391$

Donc, Équiterre a dépensé 800 000$ de plus en « ressources humaines » que sur ses activités et l’administration reçoit 576 719$.

Histoire de représenter ça comme il faut, chaque dollar donné à Équiterre en 2012 a été dépensé comme suit:
(nombres arrondis)

Ressources humaines: 0.51$
Activités: 0.30$
Administration: 0.16$
Frais Financiers sur la marge de crédit relative au prêt-miroir: 0.03$

Notons que l’organisme reçoit environ soixante mille dollars de plus qu’elle dépense, surement pour se garder un nid de sûreté, mais ceci ne change rien au problème clair de cet organisme:  Le 2/3 du dollar donné à Équiterre va à payer le personnel et maintenir l’organisation et seul un maigre 30 cent de chaque dollar donné sert à des activités.

 

ADDENDUM: Notons également qu’Équiterre a reçu 1 165 772$ de la part du gouvernement provincial en 2012, un bon de plus de 560 000$ comparativement à 2011.

Projet de loi 13: La porte est grande ouverte pour la fraude électorale.

Léo Bureau-Blouin, député péquiste de Laval-des-Rapides

Léo Bureau-Blouin, député péquiste de Laval-des-Rapides

Ahh, le gouvernement du Québec!  Encore une fois, il vient de faire un fou de lui-même avec une loi votée à l’unanimité.

Eh oui, le projet de loi 13, permettant aux étudiants de voter dans leur CEGEP ou leur université, a été adopté sans opposition à l’Assemblée Nationale.

Les médias ont déjà commencé à célébrer ce vote « historique » qui permettra, selon eux, aux jeunes de voter en plus grand nombre.

Permettez-moi d’en douter.

À première vue, cette loi semble inoffensive.  Elle donne même l’impression d’être une bonne idée.  La bonne intention derrière cette loi est simple:  Plusieurs étudiants, particulièrement des régions, se retrouvent avec un dilemme quand vient le temps de voter aux élections durant leur session.  Présentement, si l’étudiant en question vient d’Amos et fait des études universitaires à McGill, il doit retourner à Amos pour aller voter.

Mais bon, vous me connaissez.  J’adhère à la philosophie que « la route vers l’enfer est pavée avec de bonnes intentions »…

Le projet de loi du gouvernement veut donc permettre à cet étudiant de voter à son établissement scolaire, lui évitant de devoir manquer une journée d’étude, ou devoir s’abstenir de voter.

Je dois mentionner, par contre, que nous avons déjà une structure qui permet aux gens ne pouvant se déplacer au scrutin lors du jour du vote…  Le vote par anticipation.

On me dira que s’il vient d’une région éloignée, ça rend la chose difficile, peu importe quand, donc le vote par anticipation pourrait ne pas suffir à la tâche.  Je concède ce point, malgré qu’il soit anecdotique et donc ne possède aucune valeur réelle.

Je n’ai aucun problème avec une loi qui offre aux citoyens n’ayant pas la possibilité de se déplacer à leur comté de voter.

Là ou j’ai un problème, c’est la façon dont on l’implémente.

L’étudiant pourra voter directement dans une urne située dans l’établissement d’enseignement.

Si c’est le cas, comment peut-on avoir la certitude qu’il ne votera pas deux fois?  Au Québec, pour voter, on doit présenter une pièce d’identité avec photo, mais il y a quand même un problème.  La photo peut être endommagée et donc la personne impossible à reconnaître, mais la pièce d’identité demeure valide.  Il serait donc un jeu d’enfant pour un activiste étudiant de voter dans son université et de demander à un proxy d’aller voter en son nom dans le comté ou il réside légalement.

La seule trace de la fraude?  Le nom de l’individu est coché sur la liste électorale du comté et de l’université.  Aucun système informatique n’ira lancer une alerte disant que ce citoyen a déjà voté.

En résumé, le projet de loi 13 sera un des moyens les plus simples pour la horde des  radicaux de tout acabit de manipuler le système et commettre une fraude électorale du genre que l’on n’a jamais vu au Canada.

La solution?  C’est évidemment trop simple pour nos élites gouvernementales:  Tout étudiant vivant hors-comté pour ses études devrait être tenu de demander un bulletin de vote anticipé qu’il devra poster 2 semaines avant le vote, pour assurer qu’il soit reçu avant le scrutin…Comme les gens inscrits à la liste des électeurs hors-Québec…

Pierre Duchesne: Chantage ou clarification de l’idéologie péquiste?

février 6, 2013 2 commentaires

Le ministre de l’éducation supérieure du Québec, Pierre Duchesne (qui, avec sa formation de journaliste, n’a aucunement les compétences requises pour le poste), à l’entrée de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, a répondu de manière assez innatendue à l’ASSÉ, qui lançait un ultimatum au ministre, qui avait retiré la « gratuité » de la table de négociations pour le fameux « sommet » sur l’éducation.

Quand on lui a demandé s’il envisageait la « gratuité » sur le moyen terme, il a répondu:

« Je laisse aux gens qui croient à la gratuité le moyen de pouvoir exprimer leur opinion, mais vous comprenez que quand ils nous disent qu’il faut augmenter les impôts pour les banquiers, changer notre structure de taxes, s’attaquer aux paradis fiscaux… Je veux juste dire aux gens que si on veut s’attaquer aux paradis fiscaux, il va falloir faire l’indépendance. »

Pardon?  Est-ce que j’ai bien lu?  Ce genre de citation ne laisse pas beaucoup de place à l’interprétation.  Ici, je ne vois que deux façons d’interpréter ses propos.

Soit il s’agit du coup de chantage le plus transparent de l’histoire récente, ou l’honorable (ahem!) M. Duchesne nous a montré un aperçu de l’idéologie péquiste qu’on nous réserve un coup l’indépendance atteinte et que le Québec serait un pays.

J’en connais plusieurs qui disent, sans trop de sérieux, qu’un Québec souverain deviendrait une forme de Cuba 2.0.  Pendant longtemps j’ai affirmé que c’était faux.  Le parti était peut-être de centre-gauche, ce n’était pas des marxistes révolutionnaires qui le dirigeait.  Aujourd’hui, par contre, on a le droit de se demander si les radicaux n’ont pas totalement pris le contrôle du parti, autant chez les élus que dans l’exécutif.

Je suis donc troublé par cette affirmation de M. Duchesne.  S’il fait usage de chantage, ça en dit beaucoup sur sa compétence comme ministre.  Selon mon interprétation, cette citation se traduit à « Vous voulez votre utopie?  Eh bien votez pour la nôtre ».  Assez dégueulasse comme attitude.  Oui, c’est commun de voir que des comtés qui votent pour le parti au pouvoir se retrouvent avec plus de contrats, mais c’est différent que d’ouvertement dire à un lobby de voter « du bon bord » pour avoir ce qu’ils veulent.  À ma connaissance, ces tactiques dignes du gouvernement de Duplessis étaient disparues avec l’Union Nationale…  Il faut croire que le PQ cherche à ressusciter cette vieille méthode populiste pour conserver le pouvoir.

Par contre, imaginez pour un instant que ce n’était pas du chantage et que le PQ a réellement un agenda de Gauche radicale qu’ils n’osent pas révéler au grand jour, de peur d’être relégué au statut de tiers parti comme Québec Solidaire?  Cette remarque de M. Duchesne prend tout un autre sens…  Cela voudrait donc dire qu’ils aimeraient bien implémenter un agenda « Séparatosocialiste » et donc n’attendent que de défaire les liens avec Ottawa pour l’implémenter.

Chose certaine, le PQ d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec le PQ de René Lévesque…Un peu normal, considérant que Pauline Marois faisait partie de ceux qui ont poussé le fondateur du Parti Québécois hors de son propre parti…

…Évidemment, aujourd’hui, cette même Pauline Marois utilise l’héritage de RL pour financer son parti, tel qu’on a pu voir lors de la campagne publicitaire de novembre 2012 sur Youtube…

Analyse du projet de loi 14: 1ère partie.

décembre 6, 2012 4 commentaires

charte-frInitialement, je voulais écrire sur les nominations d’André Boisclair, mais en commençant mon texte, j’ai remarqué que la ministre Diane De Courcy avait déposé son projet de loi pour modifier la Charte de la langue française, communément appelée « Loi 101 ».

Étant de ceux qui s’opposent à la Loi 101, que je considère anticonstitutionnelle dû à la discrimination systématique envers les anglophones qu’elle profère, j’ai donc décidé de laisser tout tomber et d’analyser le contenu de ce projet de loi.

Au lieu de simplement parler des articles que nos médias mentionnent, tel les changements concernant les exemptions selon le nombre d’employés, j’ai décidé de lire le document, article par article, pour en connaître le contenu.  Quand nos médias disent que le PQ a mis la pédale douce, c’est soit parce qu’ils n’ont pas lu le document ou parce qu’ils militent activement pour que ces réformes soient acceptées par les électeurs.

Avant toute chose, cliquez sur ce lien pour obtenir le document déposé par Mme. De Courcy

Je vous conseille également de cliquer ici pour comparer les changements et additions avec celui de la Loi 101, que ce projet de loi veut modifier.

Je n’ai pas eu à me rendre bien loin avant de trouver la première instance de discrimination.

L’article 2 du projet de loi 14 fait un ajout à l’article 1 de la Loi 101.

Voici l’article 1 de la loi 101:

1. Le français est la langue officielle du Québec.

Je n’ai absolument rien contre cet article en tant que tel.  Il est clair, précis et informe tout le monde que la langue officielle de la province, c’est le français.

Voici le contenu de l’article 2 de ce projet de loi:

2. L’article 1 de cette Charte est modifié par l’addition, à la fin, de l’alinéa
suivant :
« Il constitue le fondement de l’identité québécoise et d’une culture distincte,
ouverte sur le monde. ».

Donc cette modification offre le résultat suivant:

1. Le français est la langue officielle du Québec.   Il constitue le fondement de l’identité québécoise et d’une culture distincte,
ouverte sur le monde.

Sous cette nouvelle formule, non seulement le français est-il la langue officielle, mais elle « constitue le fondement de l’identité québécoise »  La seule interprétation que je peux faire ici est de me dire que quelqu’un qui vit au Québec mais qui ne parle pas français n’est pas un québécois.  Je ne vois pas comment on peut interpréter d’une autre façon.  Si le fondement de l’identité québécoise est la langue française, ça ne laisse pas beaucoup de place pour les anglophones et les immigrants qui arrivent ici sans connaître la langue officielle du Québec.

Les séparatistes font souvent usage du terme « Nous » pour parler des Québécois.  Ce « Nous », selon eux, est inclusif, mais le simple fait d’utiliser le terme « Nous » fait la démonstration d’une dichotomie.  S’il y a un « Nous », c’est qu’il y a un « Eux ».  Cette modification de l’article 1 dit donc clairement que « Nous », ce sont les francophones et « Eux », ce sont les autres.  On est loin de l’affirmation de René Lévesque qu’un Québécois, c’est quelqu’un qui vit et paie ses impôts au Québec…

Plusieurs des articles de ce projet de loi ont peu d’impact.  On y spécifie le rôle du ministre (en prenant soin d’ajouter une clause indiquant que tout mandat provenant du gouvernement s’y ajoute.  Évidemment, qui dit modification d’une loi si importante dit augmentation de la taille de l’État, donc quand j’ai lu cet ajout, je n’étais aucunement surpris:

« 1.4. Le gouvernement nomme, conformément à la Loi sur la fonction
publique (chapitre F-3.1.1), un sous-ministre associé responsable de l’application
de la politique linguistique. Celui-ci exerce toute fonction que lui confie le
gouvernement ou le ministre.

Évidemment, pour aider la ministre à effectuer les tâches qu’elle s’est assignée elle-même en modifiant la loi qui gère son propre ministère, elle aura besoin de nommer un sous-ministre associé.

En passant, trouvez-vous ça intéressant de voir que la ministre peut tout redéfinir son rôle et ses tâches elle-même?  Essayez de faire ça au travail:  Allez voir votre patron et dites-lui que vous avez décidé de revoir votre rôle et vos responsabilités au sein de l’entreprise et annoncez-lui qu’un simple vote d’une majorité absolue des employés suffirait pour l’appliquer et qu’il n’a aucun pouvoir décisionnel dans cette réforme.

Vous m’en donnerez des nouvelles!

Le document reste relativement bénin jusqu’à l’article 19 du projet de Mme. De Courcy, qui réécrit les articles 41 à 50 de la Loi 101.

Selon la Loi 101, l’article 41 dit:

41. L’employeur rédige dans la langue officielle les communications qu’il adresse à son personnel. Il rédige et publie en français les offres d’emploi ou de promotion.

Voici la modification de cet article par le projet de Loi 14:

« 41. En vue d’assurer le respect du droit du travailleur prévu à l’article 4,
l’employeur :
1° utilise le français dans les communications écrites qu’il adresse à son
personnel;
2° publie en français les offres d’emploi ou de promotion;
12
3° rend disponibles en français ses formulaires de demande d’emploi;
4° signe en français les contrats de travail, à moins qu’ils ne soient rédigés
dans une autre langue à la volonté expresse des parties;
5° rend disponibles en français le règlement intérieur et tout document
énonçant les droits et obligations du travailleur, ainsi que les instructions
obligatoires pour l’exécution de son travail, notamment en matière d’hygiène
ou de sécurité.

Donc on ajoute 3 dispositions à l’article en question.  Initialement, on obligeait les employeurs de publier leurs communications officielles en français ainsi que les offres d’emploi.  Les ajouts que cette modification offre sont carrément inutiles.

Pourquoi une obligation d’offrir un formulaire de demande d’emploi en français?  C’est un peu stupide d’imaginer qu’une compagnie qui affiche un poste en français n’offrirait qu’un formulaire unilingue anglais!  C’est une question de gros bon sens.  J’essaie également de comprendre comment quelqu’un peut signer dans une langue ou une autre.  Est-ce que cet article m’obligerait à inscrire les accents aigus sur les « e » de mon prénom quand je signe un contrat de travail?  Finalement, le 5e alinéa est complètement redondant.  Si les communications officielles doivent être en français, ça inclut : « le règlement intérieur et tout document énonçant les droits et obligations du travailleur, ainsi que les instructions obligatoires pour l’exécution de son travail, notamment en matière d’hygiène ou de sécurité. »  Donc pourquoi le mentionner spécifiquement?

Je continuerai de décortiquer ce projet de loi dans mon prochain billet!

Budget 2013-2014 – Le commentaire

C’est la nouvelle du jour: le premier (et peut-être dernier) « budget Marceau » a été déposé hier après-midi et va passer, malgré que les deux principaux partis d’opposition s’y…opposent.

Quelques minutes après le dépôt du budget, j’ai annoncé que le PLQ allait « faire un Stéphane Dion de lui-même » en votant contre mais en s’assurant qu’il n’y ait pas assez de députés présents en chambre pour défaire le gouvernement.  Les députés libéraux, étant les pantins du chef du parti et étant amputés de la colonne vertébrale, n’auront évidemment pas le courage de se présenter en chambre pour faire ce pour quoi ils ont été élus, c’est à dire représenter les électeurs et voter sur les diverses lois présentées par le gouvernement.

Pour ce qui est de la CAQ, j’avais prédit qu’ils voteraient contre, étant donné les conditions qu’ils ont mis sur la table, qui incluait l’absence de toute hausse de taxes.

Donc le gouvernement Marois va survivre à cet atroce budget qui augmente encore les dépenses de l’État et qui amènera le Québec toujours plus près du gouffre financier.

Ce qui m’a le plus irrité lors de la présentation de ce budget, par contre, était que le ministre Marceau semble avoir tout fait pour blâmer l’administration précédente.  Je dois écouter le discours à nouveau car j’en ai manqué des bouts, mais malgré que j’aie manqué une bonne partie du dernier tiers du discours, j’ai compté 9 instances ou le ministre a clairement placé le blâme sur le gouvernement précédent.  Au lieu d’offrir des solutions, les annonces du ministre étaient souvent présentées avec une diatribe détaillant l’incompétence de l’administration précédente.  Le « trou » de 1.6 milliards a été cité à plus d’une reprise et le ministre semblait plus intéressé de pointer le doigt vers l’ancien gouvernement Charest que d’offrir ses propres idées et solutions pour régler les problèmes fiscaux du Québec.

Sur ce sujet, le ministre n’apporte rien de nouveau.  Plus de taxes, plus de dépenses de programmes, plus d’investissements dans des ministères qui mériteraient d’être abolis étant donné leur inutilité chronique…

J’ai quand même vu un ou deux bons points…j’en parlerai un peu plus tard.  L’analyse du contenu du budget (accompagnée par des commentaires personnels à chaque point) suivra bientôt et formera le contenu de mon prochain billet, qui sera publié ce soir ou demain.

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